Menu
Libération
Interview

«Nous appelons à un vrai débat sur la GPA, pas à une guerre de tranchées»

Réservé aux abonnés

Les Mennesson, parents de jumelles nées grâce à une mère porteuse, réagissent à une étape clé de leur bras de fer juridique : l’Etat doit désormais leur délivrer un livret de famille.

Dominique et Sylvie Mennesson, samedi à Paris. (Photo Bruno Charoy.)
Publié le 28/09/2014 à 18h36

Désormais, les enfants de couples français nés grâce à une gestation pour autrui à l'étranger doivent figurer sur leur livret de famille (1). La France, condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) le 26 juin en raison de son refus de transcrire dans les registres d'état civil français les actes de naissance de ces enfants, a en effet confirmé sa décision de ne pas faire appel, au terme d'un délai de trois mois qui a expiré vendredi. Mais les anti-GPA ne désarment pas. Ils tentent maintenant d'infléchir la position du gouvernement, en proposant de refuser une filiation complète, comprenant le père et la mère, à ces enfants.

Explication : lorsqu'ils sont nés dans des pays qui encadrent la GPA, les actes de naissance des enfants mentionnent uniquement les noms du couple qui a eu recours à cette méthode. Ses opposants exigent que l'on découpe la filiation. Ils estiment que si l'embryon a été fécondé par le sperme du père, alors il peut être considéré comme le père légal en France, mais la mère devra, elle, adopter l'enfant qui n'a pas été conçu avec son ovocyte. D'autres, comme Sylviane Agacinski, vont encore plus loin, en refusant de reconnaître ces couples comme des parents mais seulement comme des «tuteurs», même si les gamètes sont les leurs. D'autres encore cherchent à faire distinguer les GPA de couples hétéros de celles de cou

Dans la même rubrique