Il est petit, blanc, rond et moche. Il fait un bruit à réveiller un régiment de bidasses en sommeil post-quille. C’est le must-have de ce mois de mars, l’objet parfaitement incontournable, moins sexy qu’un corset en dentelle, moins cher, aussi, et surtout obligatoire : le détecteur autonome avertisseur de fumée (Daaf) doit être installé dans les maisons et appartements dès le 8 mars (qui devient la journée du détecteur de fumée, en plus de celle de la femme), suivant la loi Alur (1) de 2010. Les Français, après les Anglo-Saxons (équipés à 90%), les Scandinaves (quasi 100%) et les Québécois (équipés depuis trente ans, ils ont vu baisser la mortalité liée aux incendies domestiques des deux tiers), devront installer au moins un détecteur de fumée dans leur foyer - si l’on ose dire. A la charge du propriétaire du logement.
Guirlandes. Et, non, ce n'est pas un gadget de parano mais un petit objet de sécurité tout à fait indispensable : 30% des incendies se déclarent la nuit, à peine 15% des Français en ont un, alors que chaque année, près de 10 000 personnes sont blessées dans un incendie domestique (cigarettes, cheminées, guirlandes, bougies, système électrique ou chauffage défectueux, etc.) et que 800 en meurent, selon le site Pompiers.fr. La prévention n'est donc pas du luxe, même si personne n'ira vérifier qu'on est équipé : en cas d'incendie, on meurt si on n'en a pas, voilà la sanction.
Il faut se dépêcher d'aller en acheter un ou deux - ou plus, suivant la taille de la maison -, c'est razzia sur la chnouf dans les magasins de bricolage, nous renseignait un responsable d'une grande enseigne dans l'Oise. On sait qu'il faut le placer près des chambres, pas dans les cuisines ni les salles de bain, et en hauteur, mais comment bien le choisir ? 60 millions de consommateurs se félicitait en octobre de ce que les détecteurs sont plus fiables aujourd'hui que lors des tests effectués en 2006… Même si des lots ont encore été retirés du marché l'an dernier, pour diverses raisons, la première étant l'absence de réaction suffisamment rapide pendant les tests.
A Que choisir, les spécialistes ont été sans pitié, et, explique Elisabeth Chesnais, responsable du dossier sur les détecteurs de fumée (sortie ces jours-ci) au magazine, ont encore «éliminé 6 modèles sur les 18 testés en février. Il ne faut surtout pas acheter n'importe quel détecteur de fumée. Un détecteur non conforme qui ne se déclenche pas du tout ou trop tard, c'est la mort assurée».
«Longévité». Diable, l'affaire se corse, on pensait juste acheter un truc avec alarme à 85 décibels (gaffe qu'il y ait un signal quand la pile est déchargée), mais il faut aussi prendre garde à opter pour «des modèles qui portent la marque NF EN 14604, en plus de la norme CE, c'est une garantie supplémentaire», pour un prix entre 10 et 20 euros, parfois 30. «Moins cher, le suivi de fabrication ne semble pas assuré. Et la différence de prix s'explique notamment par la longévité des piles, ce peut être un, cinq ou dix ans selon les modèles, à dépoussiérer régulièrement avec une petite brosse», poursuit la spécialiste du dossier, qui ajoute, niveau arnaque, «faire très attention au démarchage à domicile. On vous facture le détecteur 100 euros ou plus, et, en général, un contr at d'entretien totalement inutile. Achetez votre détecteur en magasin ou sur Internet». Daaf à pas l'oublier, hein.
(1)Accès au logement et à un urbanisme rénové.




