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Libération

Jeu vidéo Une Fenêtre sur la galaxie

Publié le 20/03/2020 à 19h21

Plus fragmenté et divers que jamais, le paysage du jeu vidéo pourrait avoir comme plus petit dénominateur commun le concept d'«exploration», l'industrie n'ayant de cesse de solliciter la fibre de ce grand voyageur immobile qu'est le joueur. Mais nul genre n'encourage l'évasion comme le «monde ouvert», qui fait de l'aire de jeu son principal argument, en offrant un territoire arpentable à l'envi sans dicter au joueur sa conduite, au point qu'il peut s'abstraire de toutes les injonctions qui font l'ordinaire du jeu vidéo pour simplement visiter, se perdre, être au monde. Dans ce genre en expansion, on retiendra une proposition, un monstre nommé Elite Dangerous qui, chaque soir pendant des mois, nous a rappelé à lui. Une fois avalées les perturbations quotidiennes du combo RER-tram, on se précipitait dans un autre genre de transporteur, vaisseau hexagonal un peu moche et étroit, mais qui, aussitôt délesté de tout attirail guerrier, se montre capable d'avaler les années-lumière comme aucun autre. Un seul objectif en tête, fixé non par le jeu mais par nous : gagner Sagittarius A* afin d'y contempler les diffractions lumineuses autour du trou noir supermassif qui trône au centre de la Voie lactée. Simulation spatiale, Elite offre la galaxie en guise de jardin. Un espace impossible à embrasser dans sa totalité au point que sans le vouloir, on défriche régulièrement des systèmes entiers qui n'ont jusqu'alors jamais été arpentés. Dans cet univers des possibles, certains s'adonnent à des combats en escouades pour faire bouger les lignes de force qui régissent la diplomatie spatiale ; d'autres se nichent dans des ceintures d'astéroïdes pour y extraire des métaux précieux. On a choisi l'option du road-trip. D'habiter ce jeu en ermite, nourri des carmins et des bleus profonds de nébuleuses.

Elite Dangerous, sur PC, Mac, PS4 et Xbox.

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