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«Vive Porto Rico libre !»

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Le 1er mars 1954, quatre militants portoricains mitraillaient le Capitole à Washington, blessant cinq congressistes américains. Rencontre avec le dernier survivant Rafael Cancel Miranda, grande figure indépendantiste, resté fidèle à ses engagements.

Publié le 04/06/2011 à 0h00

Une jeune femme dont la robe blanche est devenue rouge sang, parce qu'elle a rampé parmi les corps de manifestants abattus par la police à la recherche de son mari. C'est peut-être cette image de sa mère, alors qu'il avait 7 ans, qui a décidé du destin de Rafael Cancel Miranda. Qui se souvient qu'en 1954, quatre jeunes Portoricains sont entrés dans le Capitole à Washington et ont commencé à tirer sur les 240 membres de la Chambre des représentants en criant : «Vive Porto Rico libre !» ?

Le plus jeune d’entre eux était Rafael Cancel Miranda, il avait à peine 24 ans. Il en a aujourd’hui 81 et son histoire est une histoire ambiguë, qui montre qu’on peut avoir frappé au cœur de l’empire américain, avoir été puni, enfermé, torturé, et finir ses jours (à peu près) paisiblement dans les marges de cet empire. Dans la cour du Museo de las Americas de San Juan à Porto Rico où se tenait le mois dernier le festival de la Palabra (un festival littéraire hispanophone), on voyait Rafael Cancel de loin. Moustache et cheveux blancs, grand, costaud, une force de la nature. Alors qu’il arrivait avec Maria de los Angeles Vázquez, dite Angie, son épouse, une très gracieuse femme d’une soixantaine d’années, professeure d’anglais et ex-doyenne de l’université, les gens l’arrêtaient pour serrer la main de «la» grande figure de l’indépendantisme portoricain. Il est le seul survivant du groupe des quatre, les autres sont morts de vieillesse.

«El dificil»

Ce n'est pas que les in

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