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Grand angle

Dessins sur strapontins

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Pour eux, c’est une habitude : sortir un carnet, ou un ticket, pour croquer le métro et ses usagers, l’âme de chaque ligne, les scènes souterraines… Ils sont 80, et exposent 2 000 de leurs œuvres sur Internet.

Deux portraits de Luc Grateau sur des tickets de métro (ligne 12 en 2009, ligne 10 en 2010), et un croquis d'Aurélie Blard-Quintard sur la ligne 1 en 2012.
Publié le 04/03/2013 à 21h07

Dans le métro parisien, il y a des passagers qui lisent, d’autres qui dorment, font un sudoku, envoient des SMS ou écoutent de la musique. Et il y a ceux, plus rares, discrets, qui dessinent. Armés d’un carnet et d’un crayon, ils croquent la vie des stations ou les passagers de leur wagon. Certains d’entre eux ont décidé de partager leurs œuvres en ligne, via leur blog ou les réseaux sociaux.

Nicolas Barberon est de ceux-là. Cela fait vingt ans qu’il use ses crayons dans les rames de la RATP. Mais le blog est un exercice un peu trop solitaire pour ce barbu débonnaire de 40 ans, graphiste chez un gros éditeur de bandes dessinées. Il pense donc, avec d’autres, à regrouper sur Internet ces instantanés de vie souterraine. Il repère en ligne des croqueurs dont le trait lui plaît et leur propose de communautariser leurs dessins.

Palais-Royal en 2011, par Marie Guéguen.

Delignesenligne.com, un site construit avec d'autres passionnés (graphistes, webmasters), est né en juillet 2009. Depuis, 2000 dessins réalisés par 80 auteurs, parmi lesquels une trentaine d'amateurs, ont été publiés. «Les 30 ou 40 premiers, je suis allé les chercher. Maintenant, les gens se proposent», raconte Nicolas Barberon. L'équipe choisit les nouveaux auteurs parmi ces croqueurs volontaires, en faisant attention à ce que l'univers du métro, au-delà d'un simple visage, soit présent dans le dessin.

Accessoires de camouflage

La plupart des participants ont fait des études d'art (appliqué

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