De même qu’on évoque rarement Brooklyn sans citer Manhattan, mentionner Göteborg entraîne une comparaison avec Stockholm. En Suède, les deux villes ressemblent à des sœurs jalouses où l’aînée, opulente et bien élevée, est pleine de dédain pour sa cadette, déviante et rebelle. La petite s’en moque : elle sait que son côté peu conventionnel fait son charme piquant.
Contrairement à la capitale, forte de son pâté royal et de son homogénéité bourgeoise, Göteborg est un bric-à-brac architectural avec un cœur historique en brique, un front de mer industriel, beaucoup d'immeubles d'habitation maussades et quelques rares rues cossues. On trouve des raisons à cette disparité dans les archives de la cité portuaire : les Néerlandais ont bâti les canaux du centre-ville au XVIIe siècle, avant de céder la place aux Ecossais. Allemands, Danois et Norvégiens s'y sont succédé et y ont laissé leur empreinte.
Un autre aspect fondamental qui distingue Göteborg de Stockholm est que la ville est bon marché. Elle a toujours été à majorité étudiante et, depuis dix ans, elle attire aussi les jeunes musiciens, les artistes, les designers ou les entrepreneurs, qui y trouvent un terrain propice à leurs activités.
Hareng. Göteborg est devenu, dans les années 2000, le berceau de la musique indépendante scandinave, en réaction au metal qui régnait alors sans partage. Pendant que des groupes comme The Embassy, Air France o




