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Mémoire

Dans la Somme, en ordre de balade

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En ces lieux où les jardins et les monuments sont autant de cimetières et de musées, 200000 visiteurs, en majorité britanniques, affluent chaque année.

Le cimetière de Thiepval se trouve à l'emplacement des lignes de front du 1er juillet 1916. Il abrite les tombes de 300 soldats du Commonwealth et de 300 soldats français. (Photo Luiginter. Flickr)
ParEdouard Launet
Envoyé spécial dans la Somme
Publié le 18/04/2014 à 18h06

Se lever à 3 heures du matin pour se rendre à une cérémonie d’anciens combattants peut sembler une façon extrêmement singulière de commencer un week-end de balade (on n’ose dire : de tourisme). Et pourtant. Les lecteurs qui, le 25 avril un peu avant l’aube, seront présents au mémorial australien de Villers-Bretonneux, dans la Somme, pour célébrer l’Anzac Day (1), risquent de s’en souvenir pour le restant de leurs jours. Car les Australiens et les Néo-Zélandais (Anzac signifie Australian and New Zealand Army Corps) ont une manière originale de célébrer les morts au combat : ils le font en silence au moment où le soleil se lève. Pas besoin de venir des antipodes ni d’être un nostalgique de la Grande Guerre pour se prendre de plein fouet la vague d’émotion qui déferle alors avec les premiers rayons du soleil sur une assemblée de milliers de personnes. Car, oui, ce sont des milliers de gens que cette cérémonie pourtant bien éloignée du sol natal réunit ici chaque année depuis quatre-vingt-dix-neuf ans.

Royaume d'absurdie. La partie orientale du département est truffée de délicieux jardins et monuments. Ce sont des cimetières et des mémoriaux. La bataille de la Somme, où s'illustrèrent des centaines de milliers de soldats du Commonwealth, fut une boucherie dans la boucherie, une insanité dans un royaume d'Absurdie. La Somme est aux sujets de sa Majesté ce que Verdun et Douaumont sont aux Français. Le 1er juillet 1916 reste le jour l

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