Menu
Libération
Villes imaginaires (2/6)

Eldorado, de l’or ou du cochon ?

Réservé aux abonnés

La cité d’Amérique a fait rêver plus d’un aventurier, mais tous sont rentrés bredouilles.

(Photo Latin America For Less. Flickr)
Publié le 13/07/2014 à 18h16

C’est toujours la même chose avec les conquistadors. A peine rentrés de leur énième expédition, ils paradent au comptoir, enchaînant les récits d’aventures plus épatants les uns que les autres. Après quelques tonnelets de vin épicé, lorsque la nuit est froide et avancée, il s’en trouve forcément un pour raconter sa visite en Eldorado, le fameux pays des cités d’or. Alors l’auditoire fatigué tend l’oreille et remplit les coupes une dernière fois, espérant réunir assez d’indices pour approcher l’endroit à son tour.

Incas. Imaginez un paradis terrestre éclatant, une ville où les lingots ont supplanté le bois et la pierre. Cerné par une végétation verdoyante et touffue, le lieu brille comme un astre écrasé en pleine jungle. Ses routes dorées, ses bâtisses, ses temples rutilants, ses lourds vêtements filés d'or… La moindre babiole est un bijou. Quand les hidalgos désargentés ont accosté, hagards et éblouis, la main plaquée au-dessus des yeux fendus, ils foulaient un sable ardent dont les grains d'or étouffaient les coquillages. Dans cette introuvable cité riche à en paver les rues, le silence règne et la vie est douce. Tout travail a été remplacé par une délassante oisiveté.

Les récits de voyage douteux ont donné naissance à ce mythe du XVIe siècle. Que fallait-il de plus à des aventuriers assoiffés de métal précieux, cœur de pierre et santé de fer ? Les fables des revenants aiguisaient les appétits des f ils déjà prêts à embarquer,

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique