Menu
Libération
Villes imaginaires (3/6)

Metropolis : les ailes du délire

Réservé aux abonnés

Peignant une cité géante et déshumanisée, le film de Fritz Lang a fait des petits.

(www.brevestoriadelcinema.org / flickr)
Publié le 14/07/2014 à 18h06

Jetez boussoles, compas et mappemondes jaunies. Notre prochaine destination a été révélée par le cinématographe en 1927 : cap sur Metropolis, cité du futur découverte par Fritz Lang et Thea von Harbou dans le film du même nom. Le couple a dévoilé cette mangeuse d’hommes effarante et stratifiée, vaguement inspirée d’une virée new-yorkaise durant laquelle le réalisateur allemand fut hypnotisé par la ville qui ne dort jamais. Metropolis était né.

Pendant notre visite, certains passagers pourraient éprouver un sentiment de déjà-vu. Parce que l’imaginaire mondial a recyclé ad nauseam la vision léguée par le cinéaste. Sans copyright et sans vergogne, les successeurs de Fritz Lang ont colorisé ses images et fait parler ses rêves muets, nous laissant face à un empilement confus de souvenirs de cités gigantesques, déshumanisées, babylones clivées, puissantes et oppressantes. Le cliché s’épanouit encore au cinéma, en littérature, en musique et dans les jeux vidéo, de Star Wars à Janelle Monáe en passant par Blade Runner ou Final Fantasy.

Dédale. Metropolis propose un voyage vertical, dégringolade d'échelles, d'ascenseurs et d'escaliers. Vertige garanti, éblouissement compris. On s'agite dans une belle ville géométrique découpée au couteau expressionniste, un collage de grands pans d'ombre et de rais de lumière. A son sommet, Metropolis est un agrégat de gratte-ciel, prouesse réalisée pour des nantis qui jouissent d'autoroutes éclairées et d

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique