Bienvenue à Douarnenez, ses 15 000 âmes, son port de pêche à la sardine et une légende qui traîne au large de la baie comme une nappe de mazout éternelle dans la mer déchaînée. Il y a des siècles, les côtes du Finistère auraient scruté avec envie la cité d'Ys, fondée par le bon roi Gradlon. L'esquif Libé vous y emmène, grimpez et accrochez-vous aux banquettes, il souffle un vent à décorner les bœufs.
Après quelques milles, l’îlot émerge du brouillard, fier de ses gigantesques digues. Des murs immenses et fortifiés protègent la ville des humeurs de la mer. Les mouettes nous font bon accueil, annonçant bruyamment notre arrivée devant les portes d’Ys. Un système d’écluses sophistiqué laisse entrer et sortir les navires, qui fréquentent la cité avec assiduité. Les marins ont trouvé ici leur baume de Galaad : de l’amour, des jeux, des beuveries, et tout ensemble jusqu’à ce que le jour chasse la nuit. On murmure que la princesse Dahud, fille de Gradlon, entretient la débauche générale. Le roi de Cornouaille a construit la merveille architecturale pour la belle qui, ingrate et vénéneuse, jette ses amants du haut des remparts au petit matin.
Courroux divin. L'orage gronde. Retour au bateau tancé par la houle en colère - on baisserait presque la tête sous les nuages noirs. Malgré ses imposantes murailles, Ys finira engloutie par les eaux furibondes. Sur les causes de ce tragique destin, l'histoire qui court la lande est aussi instable que




