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Bavière

Louis II, le roi perché

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Hantés par Wagner ou cadré par Disney, ses châteaux trônent entre monts et forêt. Immersion dans les rêves d’un ultra-romantique excentrique.

Le château de «la Belle au bois dormant»: Neuschwanstein, une meringue à tourelles qui inspira Walt Disney. (Photo Djandywdotcom. Flickr)
ParEmmanuèle Peyret
Envoyée spéciale à Schwangau
Publié le 01/08/2014 à 20h01

Pauvre Louis ! C’est peut-être là qu’on le voit le mieux, au pied de ce château carré et sans grâce, au bord du lac de Starnberg, eaux sombres bordées de villas ultra-cossues, là où il a trouvé la mort de façon très mystérieuse, avec son psychiatre, en 1886, à 41 ans. Mourir avec son psychiatre, ça fait rêver. Louis II de Bavière, le roi fou, le roi wagnérien, le roi bâtisseur de châteaux déments, l’a fait.

Au fond (du lac), on ne saura jamais ce qui s’est passé dans ce coin lacustre et bucolique d’Allemagne ce jour de juin. Sinon que le roi, destitué pour paranoïa, y avait été emmené par ses ministres consternés par la dérive financière et politique du royaume, son désintérêt total pour la politique, et son incapacité à se passionner pour son peuple. Et qu’il meurt, gros, bouffi, avec son psychiatre Bernhard von Gudden lors d’une petite promenade après un goûter copieux et très arrosé. Les deux hommes se seraient battus, comme en témoigne l’autopsie du psychiatre qui porte des traces au cou. Pas le roi.

Cousine Sissi. Une petite chapelle atteste de cette mort tragique, modeste, comme pour contrer un peu l'effet Disneyland avant l'heure et wagnérien des trois châteaux qu'il a fait construire en vingt-deux ans de règne et qui, chacun, témoignent de ses obsessions : Neuschwanstein, en hommage à Wagner et à la mythologie germanique ; Linderhof et son pavillon de chasse walkyrie, qui mixe son amour fou pour l'auteur de l'Or des Nibelungen<

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