Tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Les organisateurs des JO 2030 se réunissent ce jeudi 19 mars pour «remettre sur pied» un comité d’organisation lesté par des mois de crise, misant sur un organigramme remanié et un fonctionnement moins centralisé pour donner un coup d’accélérateur au projet. Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même monté au créneau fin février : «Tout le monde à son poste de combat et tirons tous […] dans le même sens pour y arriver en 2030», avait-il lancé depuis Albertville, où était fêtée la délégation tricolore après ses succès aux JO de Milan Cortina.
Car c’est en plein jeux d’hiver italiens que les organisateurs des JO 2030 dans les Alpes françaises avaient fait part de «désaccords insurmontables» entre Edgar Grospiron, président du comité d’organisation, et son directeur général Cyril Linette. Ce dernier a quitté le Cojop fin février, quatrième départ d’une série noire entamée avec la démission en décembre de la directrice des opérations, Anne Murac, suivie de celle du directeur de la communication Arthur Richer, puis du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut, ancien président du groupe Canal +.
A lire aussi
«Après la phase critique que nous avons connue», le bureau exécutif de jeudi doit permettre aux parties prenantes – gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique – « d’acter» un certain nombre de décisions sur l’organigramme et l’organisation du Cojop, avait résumé la ministre des Sports Marina Ferrari au sortir de la précédente réunion.
Remplacer Linette
Il faut «remettre cette organisation sur pied», a concédé devant le Sénat il y a trois semaines Edgar Grospiron, lui-même affaibli par la crise. Une mission d’inspection gouvernementale est en cours concernant la gestion et le fonctionnement du Cojop, parallèlement à une «mission d’accompagnement» menée par l’ancien directeur général de Paris 2024 Etienne Thobois, qui doit présenter jeudi ses «préconisations opérationnelles».
Le remplacement de Cyril Linette sera également au menu, avec un premier examen de noms de candidats proposés par une agence de recrutement. Le bureau exécutif devra aussi arrêter les contours précis de la mission d’intérim de Michel Cadot, ex-délégué interministériel aux JO-2024, qui vient apporter son expertise olympique au Cojop jusqu’à la nomination du nouveau directeur général.
Ancien préfet d’Ile-de-France et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi qu’ex-sous-préfet de Saint-Julien-en-Genevois en Haute-Savoie, Michel Cadot a également une bonne connaissance des territoires hôtes de ces Jeux. «En attendant d’avoir un directeur général, le fait d’avoir Michel Cadot remet de l’ordre et c’est parfait», a estimé auprès de l’AFP Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, selon lequel «pour Edgar Grospiron, cette turbulence est passée et chacun va retrouver sa place».
«Interlocuteurs sur le terrain»
A moins de quatre ans de l’échéance, le gouvernement veut clairement accélérer le tempo : devant les sénateurs, Grospiron a reconnu «quatre mois de retard sur la finalisation de la carte des sites» qui accueilleront les épreuves, ainsi qu’«un mois et demi à deux mois de retard sur la partie organisation», regrettant notamment «un travail un peu en solo» et «des gens [qui] avaient tendance à rester dans leur couloir sans travailler de manière collective».
A lire aussi
Le nouvel organigramme devrait donner plus de responsabilité et d’autonomie aux directions locales du Cojop, présentes sur les quatre grands pôles (Savoie, Haute-Savoie, Nice et Briançonnais). «On a demandé à nos amis italiens, si c’était à refaire, qu’est-ce que vous changeriez ? Ils nous ont dit : “On aurait établi des liens plus précoces avec les territoires.” […] Pour régler les problèmes concrets, il faut qu’il y ait des interlocuteurs sur le terrain», résumait fin février au Sénat Pierre-Antoine Molina, délégué interministériel aux Jeux.
«Il faut que dès le premier semestre de cette année, avant l’été, le Cojop ait pu se déployer sur les sites de façon à ce qu’avec les collectivités territoriales, il y ait des interlocuteurs opérationnels», a insisté Pierre-Antoine Molina. «Sur les sites, il faut créer plus d’interactions entre les parties prenantes», avait consenti lors de cette même audition Edgar Grospiron, soulignant que chaque pôle devait avoir «une approche individualisée car les expertises locales qu’on a dans le Briançonnais ne sont pas les mêmes que celles qu’on a en Savoie».





